samedi 9 février 2019

La barbe !





Ici, je vous parle de cet amas de poils drus qui compose ma barbe tant haïe.
Il existe plusieurs solutions pour s'en débarrasser et je n'en utilise qu'une seule, pour le moment, pour la simple et bonne raison que je n'ai pas un sou en poche. Ou plutôt, parce-que je préfère utiliser ma petite monnaie pour des activités plus familiales.

En effet, je n'aime pas annoncer à ma tendre dulcinée qu'il me faudrait 1500 euros pour supprimer définitivement ce bleu qui ne me convient guère. J'ai donc décidé de faire autrement.

Trois principales solutions sont possibles pour anéantir ces poils qui trahissent un trait masculin.

1 ) L'épilation au laser : La plus couramment utilisée, offre de bons résultats. Efficace sur poils noirs uniquement et de préférence sur peau claire.
Il y a d'excellentes explications ici.
À ne faire pratiquer que par un.e dermatologue.

2 ) L'épilation à l'électrolyse : Peu répandue en France, elle offre d'excellents résultats sur tous types de peaux et tous types de poils.
Plus d'informations ici.
À ne faire pratiquer que par un.e dermatologue.

3 ) L'épilation à la lumière pulsée : Très couramment utilisée, elle offre de bons résultats mais ne supprime pas définitivement tous les poils.
Plus d'informations ici.

4 ) L'épilation mécanique, à l'épilateur électrique, à la cire ou à la pince à épiler.
C'est celle que j'utilise pour le moment et, malgré les douleurs des premiers instants, j'en suis plutôt satisfaite. Après l'arrachage laborieux de ces épais follicules pileux, j'applique une huile peu connue, de la marque GUTTO, afin de permettre une dissolution progressive de la base du poil. Ainsi, la repousse est plus lente, le poil plus fin et l'épilation moins douloureuse.

Plus d'informations ici.




    Au début sceptique, je me suis lancée sans grande conviction et maintenant, après bientôt deux mois de travail, je remarque une densité pileuse bien moindre et je ne saigne plus du tout. La moustache ne veut plus repousser (j'éternue et pleure à chaque fois que je la touche celle-là) qu'en minuscules poils blancs - alors qu'ils étaient auparavant monstrueux. Les joues deviennent éparses. Seul le menton est résistant mais il cède petit à petit.
   J'ai conscience que ce n'est pas un produit miraculeux et qu'il faudra certainement plusieurs années avant de voir disparaître l'entièreté de ma barbe, mais je tente tout de même car il n'y a quasiment aucun retour sur ce sujet.

   À l'huile de GUTTO, finalement peu hydratante, j'ajoute l'application d'une huile de SOUCHET, bien plus naturelle et douce que la précédente. En effet, cette huile, au delà de la dissolution des poils, contient d'autres propriétés permettant leur réduction et un temps de repousse plus long. Avec cette combinaison, j'espère parvenir à un bon résultat d'ici un an. Sachant que les durées des autres traitements sont assez similaires, je suis plutôt déterminée à y arriver ! Puis si ça ne fonctionne pas, tant pis, le laser sera envisageable. J'ai tout mon temps.



 /!\   Il faut savoir que l'épilation mécanique cause quelques dommages cutanés. La réaction inflammatoire est importante, surtout à l'épilateur électrique, qui arrache à tout va un peu n'importe comment - même avec une excellente machine. L'épaisseur et l'ancrage solide des poils de barbe empêchent un bon fonctionnement. Souvent, la machine va trop vite et casse le poil (quand elle ne freine pas sa course faute de puissance), qui va repousser sous la peau et occasionner des repousses incarnées, des boutons dont il faudra s'occuper après (l'huile essentielle de tea tree est très efficace pour terrasser le petit début d'infection).

   Pour cela, des gommages sont nécessaires (jamais post épilation immédiat) tous les trois ou quatre jours. Avec un produit, du sucre en poudre ou un gant spécial visage, il est possible d'exfolier la peau du visage et ainsi permettre au poil sectionné de repousser sans dévier de sa trajectoire. En plus de ça, ça rend la peau douce !

   Maintenant, après trois applications d'épilateur électrique et quelques retouches à la pince à épiler, je travaille à la machine juste après la douche - la peau est plus souple et les pores plus ouverts, cela ne me fait quasiment plus mal.
   Je dois tout de même avouer que ma première séance fut un cauchemar tant la douleur était intense. De petits lambeaux de peaux filaient avec la masse pileuse tant elle était dense et bien accrochée, chaque poil extrait engendrant un saignement. L'évier en était tout rougi mais ce n'était rien, tant le soulagement était grand.





Pour une épilation mécanique réussie,

- Bien penser à soigneusement nettoyer la machine avant utilisation (attention aux risques infectieux).
- Une douche bien chaude ou un sauna facial (j'en ai fait 4 d'affilée la première fois !) est favorable à une extraction plus "douce". Cela prépare la peau au labeur qui s'en suit.
- Raser les poils en dessous de 5 mm. S'ils sont trop longs, la douleur est plus forte car le poil ne file pas immédiatement.
- Enclencher la machine sur la première vitesse, pas sur la vitesse maximum, au risque de couper plutôt que d'épiler.
- Respirer bien fort.
- Ne pas faire d'à coups et avancer lentement.
- Épiler dans le sens inverse du poil (comme avec la cire) en tirant bien sur la peau.
- Une fois fait, un badigeon d'Aloe Vera apaise le feu du travail - à renouveler autant de fois que nécessaire.
- Une brioche au chocolat et un massage des épaules peut être très réconfortant.
- L'application de l'huile de SOUCHET une heure après l'Aloe Vera est bénéfique à la réduction de l'inflammation et à l'hydratation cutanée. Elle agira, aussi, directement sur le follicule pileux. À préférer, dans un tout premier temps, à l'huile de GUTTO, très fortement brûlante en post épilation immédiat !
- Je crois que c'est tout.

Concernant les brûlures, je me suis essayée à la cire chaude (orientale ou naturelle avec roll-on). À n'en point douter, je n'avais plus de poils sur la moustache à gauche, mais plus de peau non plus. Fragile, plutôt fine par endroits, la peau du visage est à traiter avec délicatesse si on ne veut pas finir garni.e de pansements. Je trouve que la cire fonctionne bien sur les joues et le menton mais il faut attendre que le poil soit suffisamment long pour l'extraire, sinon le collant ne parvient pas à l'attraper. Personnellement, je n'arrive plus à attendre. Je m'épile à présent tous les deux jours à l'épilateur (en deux minutes) car la moindre repousse aléatoire me tracasse.

Je ne saurais plus conseiller d'appliquer l'huile de GUTTO le soir et l'huile de SOUCHET le matin cinq jours durant, après épilation du plus gros cycle de pousse de la barbe. En effet, il y a un moment où tout semble repousser d'un coup. Ensuite, il y en a quelques uns par-ci par là qui finissent par voleter avec aisance, sans aucune résistance - ou presque.

Courage dans cette bataille, si vous la menez.

mardi 23 octobre 2018

La peur




Bah... de quoi as-tu peur ?

De rien. D'un rien.
Qu'est-ce que la transidentité, sinon la liberté ? Sans ces codes qui nous régissent, qu'apporterait-elle ? Épanouissement, bonheur, à n'en pas douter. Pas ces peurs fondées par notre société.

Ah bon ?
Allez, arrête de stresser. Tu ne va pas paniquer quand même.
Allez, détends-toi...

C'est amusant, car je sens que les personnes qui me disent ça sans plus réfléchir sont eux-mêmes plus effrayés que moi-même.
Pourquoi donc alors ?

Oh, j'ai seulement peur...

- De perdre ma famille
- De perdre mes ami.es.s
- Du regard des gens sur ma famille
- De l'avenir de mon ou mes enfants
- Du regard des gens sur moi-même
- D'être jugé
- D'être suivi
- D'être agressé
- De perdre mon travail
- D'être tué
- Des anesthésies et des opérations
- De la douleur
- De ne pas réussir comme je le souhaiterai
- D'être haï, rejeté
- De la société et ses tournures politiques

C'est synthétique.
Mais... pourquoi le fais-tu alors ?

Seulement parce-que c'est vital, Johnson.
Seulement parce-qu'une autre peur peut voir le jour et éteindre toutes les autres. Mais celle-là, elle est la plus mauvaise, la plus terrible, et jamais elle ne doit poindre.

dimanche 30 septembre 2018

Camouflage efficace




Choc.

Les regards ne sont plus les mêmes. L'expression des visages évoluent, les traits se transforment. Plusieurs émotions sont lisibles et la confusion prend le dessus. Tout est bouleversé là dedans, le cerveau cherche à faire des connexions mais il n'y parvient pas bien alors il tente de trouver des réponses là où il n'y en a pas. 

Une question récurrente vient souvent frapper les boîtes crâniennes : Mais... mais pourquoi n'ai-je rien vu ?

En effet. Pourquoi ?

La réponse n'est pas évidente pour celles et ceux qui prennent l'annonce comme la claque du siècle. C'est dire à quel point le camouflage fut efficace.

La transidentité est présente depuis si longtemps que les souvenirs de ses débuts ne peuvent être datés. Elle a toujours été là. Elle n'est jamais partie. Parfois, elle s'estompe, plus discrète, et elle revient, plus forte, omniprésente. Or, moi, j'ai très souvent cherché à la faire partir car elle me gênait de manière affreuse. Elle me harcelait ! Elle me harcèle encore, d'ailleurs, mais d'une façon différente depuis que j'ai entrepris de m'accomplir. En bon petit garçon honnête, je me suis toujours efforcé de me comporter comme tel afin de me fondre dans une société qui m'accepterait et ça n'a jamais fonctionné. 

   Jouer les gros durs alors qu'on ne l'est pas. Ne pas pleurer. Rouler des épaules. Se battre avec les autres zigotos. Taper du poing lorsque ça ne va pas. Crier plus fort que l'autre. Ne pas se laisser intimider. Surtout pas. Rire gras. Gonfler le torse et avoir la voix rauque, le regard menaçant. Un homme, un vrai, ne doit pas se laisser marcher dessus. Il doit savoir répondre à l'adversité sans faillir et sauver les faibles (tsss) demoiselles en détresse...

   Un homme, un vrai, doit faire front et fumer sans tousser. Il doit racler sa gorge et cracher. Ses cheveux sont courts, ses sourcils souvent froncés. Il est bourru. C'est une brute. Il pisse debout et compare la taille de son engin avec celle des autres. 

   Des stéréotypes bien connus qui ne sont pas là que pour rigoler, qui témoignent d'une identité que beaucoup cherchent à exploiter alors que d'autres non. Pour me fondre dans la masse et tenter d'oublier mon souhait absolu de devenir une fille (à l'époque), j'ai tenté d'adopter des comportements similaires à ce qu'on m'avait appris, à ce que j'avais pu observer. Au fond de moi, je savais que cela ne me correspondait pas et je suspecte mes homologues masculins de ne pas avoir été dupes. Du collège à la fin de ce foutu BEP qui n'aura été qu'un enfer, j'ai été écrasé, humilié, réduit à néant par des individus bien plus masculins (et idiots) que moi. Insulté de tous les noms d'oiseaux apparentés à l'homosexualité et à l'identité féminine, j'ai été broyé tous les jours et pourtant, je n'ai jamais cessé de me comporter comme un garçon modèle.

   Pourquoi ? Pour être accepté, pardi. Contre ma propre nature, j'ai oeuvré à ma destruction en me noyant dans l'alcool, tout seul au début puis avec des "amis" ensuite. Là, je commençais à être considéré comme un bonhomme par cet étrange entourage masculin. Cigarette (sans tousser), mensonges, drogue en supplément et mes deux années de BAC étaient mêmes réussies en tant qu'homme réel. Cela n'ôtait rien à ma transidentité dont je n'arrivais pas à me dépêtrer, mais je me sentais un peu considéré et cela m'a permis de mieux supporter cette troublante période.

   Aux yeux de la société, j'étais un homme, un vrai. J'ai continué comme ça pendant un moment puis j'ai sombré à nouveau tout en tentant de conserver un semblant d'identité. La transidentité, elle, m'accablait tant que j'en venais à pleurer le soir, parfois, dans mon lit. Qu'à cela ne tienne, il me fallait lutter alors j'ai lutté ! Durant des années, je me suis construit sur des bases masculines aussi solides que factices. Sans trop forcer, je dupais tout le monde et moi-même tandis que des sursauts de mal être me malmenaient. Je me souviens de moments particulièrement pénibles où je m'isolais longtemps, à jouer un rôle féminin sur internet afin de satisfaire mon esprit torturé.

   J'en ressortais chaque fois plus effondré, plus achevé que jamais et je n'y comprenais plus rien. Qu'à cela ne tienne, j'ai encore lutté et je me suis forcé à vivre ma vie d'homme comme je le devais ! À côtoyer mon malheur tout le temps, je songeais qu'il ne pouvait être pire alors... autant continuer sur cette lancée. Puis, de toute façon, je n'envisageais pas du tout de devenir femme à cette époque car cela m'effrayait terriblement. Ah... cette éternelle peur du rejet.

   La vie se faisait. Sinueuse, horrible... heureuse. Ma compagne m'a arrêté dans ma chute, que personne ne voyait. Elle-même ne la voyait pas. Sa rencontre fut bouleversante. L'amour que je ressentais soudain me transportait loin de mes souffrances refoulées. Elle m'a sauvé. Réellement. Elle est arrivée à une période de ma vie où l'air n'était plus respirable. Elle est venue alors que je m'éteignais, sans savoir pourquoi tout en le sachant très exactement.

   Le camouflage, encore très fonctionnel, était renforcé grâce à elle. Homme modèle pour couple modèle. Nous nous sommes mariés et avons eu un merveilleux petit enfant. Ces deux âmes qui m'accompagnent m'inondent d'un bonheur infini et je l'écris très sincèrement. Elles m'ont permis de connaître des émotions, des sentiments, que jamais je n'avais connus jusqu'alors.

   J'étais toujours un homme. Très occupé. Ma transidentité résidait encore en moi, à n'en pas douter. Elle était là, tout le temps, mais elle ne m'interrompait pas de manière franche, elle était plus discrète, plus secrète. Il n'y a pas si longtemps que ça, je l'acceptais ainsi et je croyais m'accepter en tant qu'homme fort, en tant que papa costaud plein de muscles. Sans le réaliser pleinement, je mentais encore à ma personne et cela se manifestait par des comportements que je ne connaissais pas. Des comportements masculins et violents.

   Puis un jour, ma carcasse s'est littéralement rompue. Je m'en rappellerai toujours. J'étais avec mon enfant, âgé de presque deux ans, et ce petit bout d'amour a consolé son papa morcelé alors que ce même papa morcelé venait de hurler à s'en déchirer les cordes vocales. Jamais je n'ai autant pleuré que ce jour là et j'ai su que ma transidentité, que toujours j'avais rejetée, avait mené son dernier assaut. Elle n'avait pas gagné. Je n'avais perdu. Ce n'était pas un combat, si ce n'était contre moi-même. Elle m'a seulement demandé de l'aider, de m'aider, de m'ouvrir et de m'appréhender tel que je l'étais car elle n'en pouvais plus de mentir, car je n'en pouvais plus de me cacher derrière ce camouflage épais.

   À partir de là, ma vie a changé, change et changera encore. Le camouflage n'est plus et mon entourage est sous le choc. Mon épouse, elle, le savait depuis longtemps et, après moult discussions où les larmes ont beaucoup coulé, elle a décidé de m'accompagner. Comme elle me le dit et je la sais honnête, elle a toujours souhaité vivre avec une femme. Je savais ma chance grande mais pas à ce point !

   Tout ça pour dire qu'il ne suffit pas de voir son fils jouer à la poupée ou sa fille aux voitures (c'est d'un lourd en cliché) pour entrevoir sa transidentité, si elle ou il vous l'annonce. Le camouflage est un système de défense conscient ou inconscient qui résulte d'un mal être impossible à solutionner, en apparence. La personne qui l'utilise cherchera à tout prix à adopter un comportement que la société a choisi de lui indiquer, afin d'entrer dans la case qui lui est attribuée. Ce camouflage est efficace un temps. Il est aussi extrêmement destructeur.

   Bien-sûr, toutes les personnes transidentitaires ne se camouflent pas. Ils et elles sont donc confront.ées.és à d'autres problèmes tout aussi destructeurs. Sans camouflage, la société peut vous rejeter et l'air peut très vite devenir irrespirable... dans ces situations aussi.


La transidentité




La transidentité (1), qu'est-ce que c'est ?
 

Il existe nombre de mots pour la définir et celui qui me vient à l'esprit maintenant est le suivant : Torture. Oui. C'est une véritable torture que d'être transidentitaire et je ne souhaite cela à personne. On me demande souvent de l'expliquer et je n'y parviens jamais réellement, je crois. En effet, la transidentité réside en un mal être extrêmement puissant, continuel et peu enclin à vous laisser de répit. Elle est présente à chaque instant de votre vie, à chaque seconde, lors de chaque souffle. Elle siège ici, en profondeur, en votre coeur, en votre âme, et elle vous demande sans arrêt de mettre fin à ses souffrances.

   Non pas que je la considère comme une personne, loin de moi cette idée. Elle n'est pas dissociable de l'esprit qu'elle ronge car elle est en vous, elle est vous et vous êtes elle. Ni une maladie, ni une lubie, ni quoi que ce soit d'autre, la transidentité amène douleur et noirceur à quiconque l'empêche de s'ouvrir. Le ressenti peut être différent suivant les personnes mais les similitudes entre transidentitaires sont frappantes. Toutes et tous témoignent des mêmes maux, à grandeur et teneur variables.

   On m'interroge. Souvent. Mais que puis-je dire sinon ma vérité ? Ces innombrables instants où j'envie la voix de mon interlocutrice, où je reste figé sur les lignes de ces visages qui ne me ressemblent pas, où le couteau émoussé tourne et retourne lorsqu'on appuie sur ma condition masculine, où je contemple avec une infinie tristesse l'existence féminine que je n'ai pas, ces nuits où je prie pour me réveiller en un moi qui me correspond, où j'ouvre les yeux sur une enveloppe qui me donne envie de hurler, toujours. Chaque instant de cette vie, chaque mot inconscient, involontaire, qui définit cette carnation masculine, cet emprisonnement douloureux et lancinant, me rappelle qui je suis, toujours. C'est un rôle permanent à jouer. Un rôle tortueux contre moi-même.

   Pourquoi ? Je n'en sais rien. C'est ainsi. Il n'y a pas forcément de raison à tout, pas forcément d'explication scientifique. Certaines études affirment que le "problème" est purement psychologique, d'autres purement hormonal, d'autres purement bizarre et incompréhensible. À qui donner un crédit valable ? Facile. À celles et ceux qui l'expriment et qui ne peuvent l'expliquer concrètement. À celles et ceux qui désirent vivre une vie en harmonie avec leur être et qui souhaitent, enfin, simplement respirer, s'épanouir, s'éveiller.

   La transidentité, c'est cela. C'est un mal atroce. Si grand que beaucoup sont prêt.es.s à tout sacrifier pour s'accomplir. Sans la juger, sans la lyncher, essayez de l'imaginer. Mais ce n'est pas possible, je le sais. Seules les personnes concernées sont en capacité de l'appréhender. Cela ne vous est jamais venu en tête ? C'est normal, faut-il croire. Ces tourments, pour celles et ceux qui les supportent, tempêtent sous vos têtes jusqu'à ce qu'ils s'évadent, jusqu'à ce que tout éclate et que la vie prenne un goût nouveau, terriblement savoureux... ou jusqu'à ce qu'elle s'efface définitivement.

Prenez soin de vos proches, même si vous ne les comprenez pas.


(1) Mal être qui conduit une fille, par exemple, à ressentir le désir vital d'être un garçon, et inversement.
  

lundi 7 mai 2018

Proposition à l'édition

Aujourd'hui, après un long travail, voici que je termine enfin la proposition d'éditions aux maisons de ce même nom de mon livre.
Le démarchage n'est pas si simple, comme on pourrait (à tort) le croire. Les investigations nécessaires au bon déroulement de cette étape fastidieuse obligent à une certaine recherche, à un bouffage (que fait ce vilain mot dans cette belle phrase un peu pompeuse ?) de temps précieux.

En effet, avant d'envoyer votre texte - votre bébé d'amour que vous avez vous-même pondu à la seule force de votre pensée -, il faut étudier chaque maison d'édition, chaque ligne éditoriale, chaque affiliation de diffusion et de distribution. Ah ! Quelle galère.

Voici une liste exhaustive de diverses maisons d'éditions qui pourraient intéresser l'écrivain en herbe que vous êtes ou que vous n'êtes pas.

Elle provient du forum des Jeunes Écrivains, un site internet riche en informations et en conseils forts utiles. Ici sont donc recensées, seulement, les maisons d'édition qui publient de la littérature dite "généraliste" et qui acceptent les envois par mail - une solution à moindre coût comparée aux envois postaux.

Au Diable Vauvert : Service Manuscrits
Au forges de Vulcain : Contacts
Balland :Contacts
Belfond : Contacts
Calmann-Lévy : Service Manuscrits 
City éditions : Service Manuscrits 
Denoël : Service Manuscrits 
Dub éditions : Service Manuscrits 
l’Epée, Éditions de  : Service Manuscrits
Fleuve : Service Manuscrits
Kero : Service Manuscrits 
Les Escales : Service Manuscrits
Liana Levi : Service Manuscrits
Les Presses de la cité : Service Manuscrits 
La Rémanence : Service Manuscrits
Ring Editions : Service Manuscrits
La Rue Fromentin : Service Manuscrits
Tripode, Editions du : Service Manuscrits 
Viviane Hamy : Contacts

Après un tri efficace et pas succinct du tout, voilà les maisons d'édition distribuées et diffusées par de grands groupes tels qu'Interforum, CDE (Gallimard), Seuil, Hachette ou encore Flammarion.

En effet, la maison d'édition dite "indépendante" dépend tout de même de ces intermédiaires. Sans eux, aucune diffusion de votre livre ne serait possible.

Il y a évidemment bien d'autres maisons d'édition disponibles mais qui exigent uniquement le format papier. Au delà du coût exorbitant que cela représente (comptez plus de vingt euros pour chaque impression reliure gnagna + envoi pour un livre de 400 pages par exemple), c'est pas bon pour nos amis les arbres.

Si vous désirez de plus amples informations, il vous suffit de vous rendre ici.
Le blog de Stoni.



samedi 11 novembre 2017

La Dame d'Hiver




Cette histoire remonte à l'aube des temps, tant elle est lointaine et tant elle a été contée. C'est l'histoire d'un petit bonhomme très vaillant qui jamais ne cessait de tousser, de tousser, de tousser ! Encore et encore, il toussait. Et dès qu'il finissait de tousser, il criait et criait encore car il se lassait de s'époumoner. 

Ce petit bonhomme très vaillant, à la musculature solide et à la voix tonitruante, désirait plus que tout conjurer le mauvais sort tombé sur lui, un mauvais sort lancé par la Dame d'Hiver, la vile sorcière des poussières, l'enchanteresse des Petites Bêtes.

Oui, car c'était bien de petites bêtes dont il s'agissait, de petites bêtes velues, toutes de boules de poil vêtues, qui étaient envoyées contre le peuple des hommes par la Dame d'Hiver. Et tandis que tous toussaient, tandis que le petit bonhomme très vaillant s'éreintait, la Dame d'Hiver souriait et se frottait les mains d'une satisfaction non dissimulée. Ses plans menés à bien, elle pourrait enfin réaliser ses souhaits diaboliques qui, ô non jamais, ne pouvaient être imaginés par ses victimes angéliques.

La vile Dame d'Hiver lançait alors chaque année ses assauts et, chaque année, elle récoltait son dû, le fruit de ses forfaits, de l'œuvre de ses employées Petites Bêtes, uniquement pour réaliser ses projets.
Elle y parviendrait, si jamais le petit bonhomme très vaillant se décidait à abdiquer. Elle y parviendrait après cette dernière victoire car il ne restait plus que le petit bonhomme très vaillant à pleinement conquérir et, enfin, son projet serait complété. Oui. Elle l'aurait terminé !

Or, le petit bonhomme très vaillant ne se laissait pas mener au rythme de la baguette de la vile Dame d'Hiver. Il luttait de toutes ses forces pour ne pas tousser, tousser, et encore tousser. Il luttait, toujours, avec une détermination féroce. Il luttait avec force et courage, avec immense volonté, avec tout son cœur et son corps ! Ses yeux rougissaient, sa gorge se serrait, ses poumons le suppliaient, son dos se courbait, rebondissait, mais il combattait non sans vigueur celles qui tentaient de le terrasser.

Il se battait avec tant de hargne qu'il retint l'attention de la Dame d'Hiver, elle-même qui concentra tout son pouvoir sur le petit bonhomme très vaillant. Elle ne tolérerait aucun échec. Non. Elle l'empêcherait de résister en lui envoyant plus de Petites Bêtes, elle briserait ses défenses, elle le contraindrait à tousser car il devait tousser ! Oui, il devait tousser !
La Dame d'Hiver, fière de sa puissante armée, pensait sa victoire acquise lorsque le petit bonhomme très vaillant usa d'un stratagème aussi stupéfiant qu'inaccoutumé.

Aidé de quelques alliés, il proposa aux Petites Bêtes - d'aimables créatures dotées d'un langage très châtié - de ludiques et amusantes séances de natation. Qu'elle se pratiquât au bord d'un lac ou le long d'un fleuve, du sommet des montagnes d'où se déversaient les torrents ou près des plages de sable fin, les Petites Bêtes se prêtèrent au jeu sans plus réfléchir ni écouter les sermons agacés de la Dame d'Hiver.

Les créatures toutes de poils vêtues, enivrées par un jeu auquel elles n'avaient plus goûté depuis longtemps, arrêtèrent de travailler pour la Dame d'Hiver. Furieuse, elle soupirait un air gelé pour les dissuader de se baigner. Mais les Petites Bêtes, fâchées elles aussi que cette malheureuse rabat-joie ne voulût en profiter à sa manière, finirent par quitter le petit bonhomme très vaillant après une dernière séance enjouée.

Ainsi, la vile Dame d'Hiver, bouche bée, vit partir ses employées et en fut toute embêtée.
Abattue face à sa défaite, face au petit bonhomme très vaillant, elle tourna les talons et alla quérir une nouvelle victime qui pourrait lui offrir ce qu'elle souhaitait de plus cher : une toux jolie, mélodieuse, au son fluide et doux, au timbre aigu, sirupeux. Ainsi, elle s'en alla, déconfite, un peu triste, tandis que le petit bonhomme très vaillant émit un son très singulier, un son qui la fit sursauter de terreur et d'excitation mélangées.

Elle se retourna brusquement vers le petit bonhomme très vaillant et l'observa longuement. Il éternua. Elle plissa les yeux et se rapprocha doucement, en attendant un nouveau son. Elle voletait lentement au dessus du sol, très lentement, lorsqu'elle posa son index pâle sur le bouton de son enregistreur. Elle était prête. Elle l'avait entendu. Elle donnerait tout pour le réécouter. Tout ! La bouche entrouverte, elle patientait, concentrée, l'oreille attentive, tandis que le petit bonhomme très vaillant la regardait en esquissant un léger sourire amusé.

La Dame d'Hiver, croyant qu'il se moquait d'elle, pinça les lèvres de plus en plus fermement, jusqu'à ce que le petit bonhomme très vaillant éclatât d'un rire extraordinaire. La Dame d'Hiver, surprise, recula et cria elle aussi puis, en un réflexe fulgurant, appuya sur le bouton de son enregistreur. 

Lorsqu'elle eut fini de mémoriser ce son fantastique, un son que jamais elle ne put écouter, elle jubila et se volatilisa jusqu'à la cime de la plus haute montagne du monde.

Là haut, elle convoqua ses plus fidèles employées et, devant leurs mines hagardes, composa sa plus belle musique. Toux de tous âges, de tous gens et de tous peuples furent mixées par la Dame d'Hiver, qui disposa dans le vent ses œuvres les plus merveilleuses. Elle y ajouta le rire de l'enfant et, heureuse, se laissa entraîner par le rythme de ce qu'elle avait ainsi manipulé.

Les Petites Bêtes et la Dame d'Hiver dansèrent alors longtemps sur cette musique incroyable, sur la création d'une vie, sur le désir le plus cher de la vile sorcière qui, aussi vile qu'elle était, ne l'était pas tant que cela.

lundi 30 octobre 2017

L'édition



Rares sont les auteurs qui ne souhaitent pas se faire éditer. Même si beaucoup écrivent avec passion sans forcément avoir pour ambition de produire un best-seller, la plupart des écrivains en herbe rêvent de voir leur bijou en librairie.

J'ai longtemps essayé moi aussi, en vain. Plus d'une année d'envois et de réponses négatives (ou pas de réponse du tout) m'ont dissuadé de continuer. Oui. Tout cela a un coût important. Nous pouvons nous dire : "Je vais harceler toutes les maisons d'éditions du monde entier pour qu'elles publient mon livre". Ce n'est malheureusement pas si facile.

Comptons déjà que la majeure partie des maisons d'édition n'acceptent les oeuvres que sous format papier, relié, bien présenté. Je comprends leurs exigences. Un livre à étudier doit être agréable à lire, à feuilleter. Et on doit pouvoir y déposer des annotations si cela plaît. C'est très important. Mises en page spéciales (laisser un interligne de 1.5 par exemple), marges à espacer (la rallonger de deux ou trois points), nombre de pages conseillé à ne pas dépasser (environ 300 pour un premier roman).

Tout cela pour expliquer qu'un tel manuscrit (le mien faisait 340 pages) pèse lourd à l'envoi, sans compter l'impression. Onze euros pour concrétiser les belles lettres noires sur le papier blanc et relier le tout. Quinze euros pour l'envoyer. Vingt-six euros arrachés pour un envoi seulement. Ça grimpe très vite si on veut en envoyer plusieurs.

Alors il y a maintenant de plus en plus de maisons d'édition qui acceptent les oeuvres par mail. C'est très pratique, gratuit, et cela nuit beaucoup moins à l'environnement. Parmi les plus connues se distinguent Au Diable Vauvert, Belfond, Calmann-Levy, Odin, Onlit ou encore Denoël.

Sur ces cinq maisons, une seule a pris la peine de répondre. Après un an de patience et un coup de téléphone où on me promettait une jolie réponse, une autre maison m'a littéralement raccroché au nez alors que je leur demandais simplement si je pouvais avoir un retour de leur lecture. Bon. C'est du commerce pur et simple. Il faut se le dire. Si ça se vend, on prend. Si ça ne se vend pas ou que l'auteur n'est pas connu, on ne prend pas et on ignore, faute de temps. C'est ainsi !

Après ces multiples échecs, je me suis donc penché sur l'auto édition et j'en suis très content. Je vais faire de la publicité pour Bookelis mais tant pis ! C'est une maison d'édition qui vous permet d'éditer gratuitement vos ebooks sur toutes les librairies numériques du réseau. Ils fournissent des gabarits de mise en page très pratiques et vous donnent des conseils et astuces afin de produire un bel ebook. Bien-sûr, vous pouvez aussi éditer votre livre en solitaire, sans aucune aide extérieure, en le vendant comme on vendrait un set de couverts en argent.

Pour cela, vous devez jongler entre les différentes plateformes de vente (qui ont presque toutes leur propre format de lecture) et vous adapter pour chacune d'elles. Sur Amazon, le format Kindle n'est pas le même que le format sur la Fnac. C'est donc beaucoup plus de travail de mise en page à effectuer.
Avec Bookelis, vous êtes guidé et c'est facile. Une seule mise en page, une table des matières à construire, un logiciel à télécharger pour créer et vérifier vos formats EPUB (le format le plus utilisé sur les liseuses) et ils s'occupent du reste totalement gratuitement, ils convertissent le tout sur toutes les plateformes en vous ponctionnant un pourcentage sur l'avantage et les taxes.

Imaginez que vous vendez votre ebook au prix exorbitant de dix euros sur Bookelis, vous gagnerez sept euros pour chaque achat et cinq sur Amazon et les autres. C'est plutôt très correct.

Vous pouvez aussi l'éditer en version papier avec des gabarits à respecter (marges alternées...), sur commande par exemple. Là aussi, il faut travailler la couverture et amener quelques détails importants comme l'affichage du code ISBN, le code barre, les petites choses qui rendent votre livre officiel

Un piège à éviter. Bookelis est très raisonnable à ce sujet et je leur en remercie. D'autres maisons d'édition sans scrupules n'hésiteront pas à vous charmer et vous promettre monts et merveilles pour finalement vous laisser tomber une fois que vous aurez payé vos impressions inutiles de votre poche.
C'est tout beau, ça fait rêver. Les éditions à compte d'auteur. Vous vous ruinez, entassez des piles de votre livre chez vous et... et vous n'en vendez aucun. La communication autour de votre oeuvre ? Ils s'en occupent, une semaine. Après, débrouillez-vous. Si vous n'êtes pas un as en marketing et tout le tintouin, vous pourrez vous servir de vos livres pour vous chauffer l'hiver, c'est déjà ça.

Ne vous laissez pas séduire par le compte d'auteur, c'est le mal. Beaucoup de gens regrettent amèrement ce genre d'expérience. Imaginez déjà qu'il est difficile de vendre son ebook à moins d'un euro. Que penser de celui à quinze euros ? Impossible ! Vous n'êtes pas connus ? Vous n'aurez rien !
Il vaut mieux commencer tout petit. C'est mon avis.

Ensuite, quand votre livre est tout prêt tout joli, c'est à vous de faire votre propre promotion. Une étape extrêmement difficile. Oui, après des années à écrire votre livre à la sueur de votre front, vous devez encore le faire connaître. Quelle affaire. La création d'un blog (tiens ?) est je pense primordiale pour vous lancer. Construire un réseau. Patienter. Longtemps. Et peut-être réussir là où les maisons d'édition traditionnelles ne vous ont pas donné votre chance.


Voici un site recensant toutes les maisons d'édition

Bien à vous !